Les
équipiers...
Les pires histoires circulent à ce sujet sur les pontons et dans les
mouillages désoeuvrés de la ceinture tropicale. Alors que j’écris ces lignes, je
songe à notre expérience personnelle. Le sujet est délicat et risqué : j'en ai
vu venir aux mains. Si le ponton ou la côte ne sont pas éloignés, le problème
est rapidement purgé. S'il reste 1000 milles avant toute terre, le chancre va
encore enfler et la pression monter. Le pire est déjà arrivé (voir la
littérature).
La promiscuité, le mauvais temps, le mal de mer, la fatigue, les humeurs, la
non communication, la durée du voyage sont quelques uns des catalyseurs qui
peuvent électriser les relations entre le skipper et les équipiers ou entre les
équipiers.
J'essaye de me remémorer les mauvaises expériences de ces trente années de
navigation, elles sont peu nombreuses. Je ne citerai pas de noms, ils se sont
dissous dans la mémoire sélective … Avons nous eu de la chance ? Peut-être.
Beaucoup de mes amis sont des équipiers de longue date, parfois eux-mêmes
skipper et ils sont toujours mes amis.
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